Alain Beaudhuin
Alain Beaudhuin - expose à la salle des fêtes
Photographe amateur, je me passionne pour la nature, et plus particulièrement pour l’univers
délicat des insectes que je mets en avant à travers la macro-proxy, j’explore ce monde fragile
en quête d’instants suspendus… de lumière… de silence… d’équilibre. Toutes mes images
sont réalisées à la prise de vue, sans retouche numérique.
Le fond blanc, souvent source d’interrogation pour celles et ceux qui découvrent mon travail,
n’est pas le fruit d’un traitement numérique, il naît à la prise de vue, directement sur le terrain
d’un travail précis et patient sur le cadrage, la lumière, l’angle, l’arrière-plan, l’avant-plan…
Je cherche à créer des images épurées, baignées de douceur et de silence, une atmosphère
légère, presque suspendue, comme un souffle fragile en équilibre, à la lisière du visible et de
l’oubli.
Protéger ou perdre l’équilibre
Cette série explore l’univers fragile des insectes, en jouant sur un double niveau d’équilibre. D’un côté, l’équilibre visuel, chaque image est construite avec précision, dans une esthétique épurée où lumière, flou et cadrage composent une harmonie en équilibre. De l’autre, l’équilibre fragile du vivant lui-même, celui, de plus en plus précaire, des espèces discrètes qui peuplent notre environnement.
Ici, les insectes photographiés semblent souvent en équilibre, figés dans des postures incertaines ou graciles, à la lisière du vide, une posture qui fait écho à celle du vivant tout entier, suspendu lui aussi à un fil, menacé par nos excès et notre indifférence. L’harmonie visuelle devient alors le miroir d’un monde en sursis, où la moindre perturbation peut rompre des équilibres essentiels.
Chaque cliché devient ainsi un écrin de silence et de lumière, à retenir son souffle, une invitation à contempler ce qui, bien souvent, échappe au regard. Dans cette approche minimaliste, le flou n’est pas un hasard mais un choix, celui de mettre en valeur la fragilité d’un instant… d’un geste... d’une vie.
Entre esthétisme et alerte douce, cette série pose une question silencieuse, que reste-t-il à préserver quand tout ne tient plus qu’à un fil, qu’à un équilibre ? Un équilibre précaire, fragile, qui ne dépend plus uniquement des lois naturelles, mais désormais, avant tout, de l’homme, de sa conscience, de sa volonté, de son engagement. C’est à travers nos choix et notre courage, de préserver ces liens invisibles, de soutenir ce souffle fragile, pour que la vie continue à s’épanouir discrètement, silencieuse et lumineuse.