Anne-Marie Etienne
Anne-Marie Etienne
Ingénieur de formation, et titulaire d’un Diplôme d’Études Approfondies en traitement du signal et de l’image, professeure agrégée de mathématiques, j’ai enseigné en lycée, BTS et école d’ingénieur après un passage au Laboratoire d’Astronomie Spatiale de Marseille. Une retraite récente me permet de me consacrer pleinement à ma passion pour la photographie.
Je me suis toujours intéressée à la prise d’image photographique car elle allie un support très technique (appareil photo et post-traitement) à une vision créative et artistique. Avec mon mari, nous nous sommes inscrits, il y a quelques années à un club photo membre de la Fédération Photographique de France (FPF), puis à Images Sans Frontière (ISF). J’ai participé à de nombreux concours, internes à la Fédération, mais aussi internationaux, et les résultats obtenus m’ont permis d’obtenir les distinctions de Maître de la FPF et d’Excellence FIAP/Silver ainsi que le Grand Prix d’Auteur de la FPF 2022.
Je suis aujourd’hui Ambassadrice de la FPF.
Passionnée par la photographie animalière et par la photographie humaniste, je suis tombée amoureuse de l’Afrique subsaharienne avec ses paysages grandioses, ses populations attachantes, sa culture et sa grande faune, riche, exaltante, fragile et porteuse d’espoir.
En accord philosophique avec la tradition romantique de la peinture du XIXe siècle, la recherche de la beauté est au centre de ma démarche photographique, mais ma quête est indissociable d’une connection profonde avec la fragilité des écosystèmes naturels. Mon appareil photo, tel que le décrit l’immense photographe Ansel Adams avec une grande conviction, reste pour moi un « instrument d’amour et de révélation ».
Black Ellies
Dans l’imaginaire médiéval, les éléphants étaient porteurs de symboles profonds : la chasteté, la fidélité et la longévité conjugale s'entrelaçaient dans leur légende. On racontait qu'ils devaient consommer de la mandragore pour engendrer, puis donner la vie, après une gestation de deux ans, à un unique éléphanteau.
Cette mythologie, puisant ses racines dans l'antiquité la plus lointaine, s'éloigne considérablement de la réalité décrite par les éthologues modernes. Néanmoins, les éléphants demeurent les emblèmes de la majestueuse faune africaine, incarnant à la fois sa puissance et sa vulnérabilité, dans un monde où la préservation de la nature s'inscrit au cœur du récit partagé de l'humanité.
La structure sociale des éléphants fascine par sa complexité. Ils évoluent au sein de groupes de femelles liées par le sang et de jeunes individus. Vers l'âge de dix ans, les mâles quittent le cercle familial. Sous l'égide de la matriarche, les femelles demeurent unies à jamais.
En tant que femme photographe, comment ne pas être saisie, émerveillée par le fardeau de responsabilité qui pèse sur les épaules de cette éléphante majestueuse ? Son savoir, son expérience, sa gouvernance incarnent la différence entre la vie et la mort. Cette série de photographies d'éléphants a été réalisée sur plusieurs années, au Botswana et au Zimbabwe, à pied, en 4x4 ou en affût au ras de l’eau pour privilégier une prise de vue en contre-plongée. La forme si particulière des éléphants, la texture de leur peau m'ont imposé le choix du monochrome. La peau épaisse de ces pachydermes débonnaires, extrêmement riche dans sa matière et sa texture est particulièrement mise en valeur par un traitement monochrome allié à un discret virage sépia.